Tour de Dordogne

Tour de Dordogne

Sur le chemin des anciens

La Dordogne représente une partie de ma famille, et de mon enfance.

Ce territoire, un des plus vastes et un des plus perdus également de France, m’est comme synonyme de vacances et changement de mode de vie. Nous avions l’habitude de partir en famille découvrir et redécouvrir le Périgord, et pas n’importe lequel puisque que nous étions au Périgord blanc, l’un des 4 terroirs de ce département, avec son paysage contrasté de roches calcaires sèches et de nombreuses rivières façonnant les plus belle vallées des alentours. Des cours d’eau habillés d’une eau écarlate pure, des prés et forêts à foison où se croisent nombreuses biches et renards, abordant un regard arrogant sur les rares visiteurs. Terre isolée des zones urbaines, la découverte des cantons isolés et peu modernisés devient une expérience.

Une branche de ma famille y était installée depuis quelques générations, dans une ferme pittoresque et dans un environnement tout aussi atypique. Celle-ci n’est maintenant plus occupé par mes proches, mais par de nouveaux particuliers que j’apprendrai à connaitre, pleins de projets dans leur récente retraite. Plus qu’un lieu, c’était surtout un lien familial qu’on n’avait l’occasion de renouveler qu’une semaine par an, et ce jusqu’au départ des anciens. Une terre et un foyer réunissant les proches que l’on ne voit pas suffisamment, à partager des moments privilégiés dans un cadre riche en sérénité.

Au delà d’un deuil des souvenirs d’enfance, c’est aussi un temps que je souhaitais vivre. Je m’habitue maintenant à réaliser des expériences nomades dans le but de retrouver un idéal en dehors du confort quotidien dont je m’en accoutume trop souvent. Sortir d’une emprise sociale motivée par une consommation à outrance de divertissements faiblement durable et accessoires.

Ces expériences sont aussi un face à face avec sa propre personne, et la solitude principalement. Sentiment peu envié et difficile à apprivoiser, il permet pourtant de prendre du recul sur sa manière de vivre. C’est alors un combat permanent pour espérer avancer et s’en sortir. L’isolement nous fait découvrir une force et des facettes dont nous ignorions l’existence au plus profond de nous et qui nous met face à d’autres voies d’avenir, à d’autres aventures, que l’on choisi ou que l’on croise au dépourvu.

Ainsi, je souhaitais retrouver ce retrait pour extérioriser cette forme d’incertitude ancrée en moi, dans l’espoir de ne pas tomber dans le banalité d’un mode de vie confortable dépourvu de sens. Cette morosité devenue la norme, déshumanisant et réduisant à néant les rêves et ambitions de nombreux individus.

D’un point de vue plus technique, le vélo a été une évidence sur ce parcours, dans l’optique de pouvoir se déplacer librement et rapidement (cela dépend de la topographie tout de même). Un vélo de voyage supportant ironiquement l’apport d’un équipement davantage confortable et d’une autonomie prolongée.

Je vous passe mes aventures de vouloir prendre le train avec mon vélo et mes équipements, j’en serai au final parti en voiture jusqu’à mon village de départ, Chancelade, et plus précisément chez mon tonton.

Depuis ce lieu, je me dirigerai vers ma première étape dans le territoire des anciens, vaguement familié, pour y retrouver mes repères et s’imprégner une dernière fois de ce lieu que je ne retrouverais certainement plus. Dans un second temps je transiterai à travers la campagne périgourdine et ses villages isolés jusqu’à arriver à l’étape la plus agréable et la plus enviée, la descente de la vallée du fleuve de la Dordogne. Je récupérai enfin une dernière route pour revenir à Périgueux, puis Chancelade. Entre quiétude et rencontres, cette aventure s’annonçait riche en vécu !